Pronoms personnels singuliers

Il est nécessaire de s’arrêter sur les pronoms personnels singuliers et de traiter les pluriels à part.

En Reo Tahiti, c’est à la fois plus facile et plus compliqué.

Mon professeur sur Tahiti nous a fait un cours bien détaillé sur le sujet. Je vais tâcher de le rendre le plus fidèlement possible.

Pour commencer, « je », « me », « moi » ont la même traduction, de même que « tu », «te», « toi ». Ces trois formulations différentes chez nous n’en sont pas ici.
Il y a quelques subtilités pour le « je ». En effet, ce pays est celui où la voyelle est reine incontestée. Par conséquent, nous obtenons trois variantes.

je, me, moi :

Vau [vaou] : après des mots finissant par « a », « o », « u »
Au [aou] : après « i », « e »
‘u [‘ou] : après les petits mots suivants, que je développerai plus tard : nā, nō, tā, tō, ia, io.

tu, te, toi : ‘oe [‘oé]

il, elle, lui : na ou ia

Ces deux mots sont précédés de o.

Nous dirons pour la phrase « Il est venu. »
Ua haere mai o na.
Oua HaéRé maï o na
ou
Ua haere mai o ia.
Oua HaéRé maï o ia

Il n’y a pas de féminin ou de masculin en Tahitien. La traduction de « elle » est logique s’il est question d’une femme dans les phrases.

Il indéfini ou untel se traduit o mea [o méa].

Le « vous » de politesse n’existe pas en Tahitien. C’est surprenant au début, mais il n’est pas rare de se faire interpeller par un « copine » (entre femmes, bien sûr). D’ailleurs une femme dira facilement « ma belle » à une autre femme.

Il n’y a pas cette barrière des classes sociales en Polynésie. Une caissière peut être l’épouse d’un ingénieur ou vice-versa. Certains quartiers sont pauvres, voire très pauvres. Mais les gens auront plutôt tendance à se bâtir une plus belle maison à la place de l’ancienne, plutôt que de déménager, parce qu’ils ont plus d’argent.

Les Polynésiens enterrent souvent les cordons ombilicaux de leurs enfants, dans leur jardin. Ce qui fait que l’attachement à la terre est plus fort que par chez nous.

Donc quand il devient plus aisé, le Polynésien change la voiture, la maison, mais pas les voisins.

Par contre, avec le tourisme, les personnes en contacte avec le public sont formées pour vouvoyer la clientèle.

Les compléments

Lorsqu’ils sont employés comme complément, tous les pronoms personnels sont précédés de ia ou io.

ia = à

Je me suis dis.
Ua parau vau ia ‘u. 
Avoir dit / je / à moi

Je lui ai dit.
Ua parau vau ia na.
Avoir dit / je / à lui

io = chez, là-bas

Je suis allé chez toi.
Ua haere atu vau io ‘oe.
Etre aller à / je / chez toi

parau [paraou] parler
haere atu [HaéRé atou] aller à

 

PS : Désolé, le copier/coller n’a pas voulu me faire mes jolis tableaux. Par contre, si des Polynésiens lisent cela et y voient des erreurs, qu’ils me le disent.
Māuruuru !


Phonétique

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Phonétique

 

[‘] Coup de glotte comme haut
ā [â] Comme pâle
ē [ê] Comme tête
ī [î] Comme pitié
ō [ô] Comme pôle
ū [oû] Comme poutre
  [H] aspiré
  [R] roulé
ei [éï] Comme abeille
ai [aï] Comme aïe
iu [iou] Comme Miou-Miou
oi [oï] Comme boy

 

Structure d’une phrase

Les phrases tahitiennes ne sont pas formulées comme les françaises.

Oubliez le « sujet, verbe, complément » de chez nous.

Oubliez le mot à mot, cela sera carrément plus simple.

Le verbe est à l’honneur dans cette langue, même s’il a plus ou moins de sujet.  Il vaut mieux éviter de faire une fixation sur ce dernier. Il n’est pas rare d’être obligé de le rajouter à la traduction.

Il existe des formulations qui se traduisent au gré de la situation, ce qui fait du Reo Tahiti une langue facile et complexe à la fois.

 

Mais commençons par les bases. Une phrase affirmative toute simple :

en français se construira comme cela :

Sujet + verbe conjugué au bon temps + complément facultatif.

en Reo Tahiti :

+ verbe + sujet (+ + complément) facultatif.

= petit mot qui varie suivant le temps de la phrase.

= petit mot pour introduire le complément.

Les temps tahitien sont simples. Il y en a trois, passé, présent, futur. C’est qui indique le temps de la phrase. Le complément de temps (hier, ce matin, demain, …) apporte plus de précision. Il peut se mettre en début ou en fin de phrase, comme en français.

Le présent :

Il est formé en trois parties et peut s’écrire de deux façons. A vous de choisir celle qui vous convient.

+ verbe + + sujet

Te + verbe + nei + sujet Te + verbe + ra + sujet

La passé :

+ verbe + sujet

Ua + verbe + sujet

Le futur :

+ verbe + sujet

E  + verbe + sujet

La formulation utilisée pour le futur est également utilisée pour formuler une habitude.

Phonétique :

te

[té]

nei

[néï]

ra

[ra]

ua

[oua]

e

[é]

Le complément :

+ complément

= ia : s’il s’agit d’un nom propre ou d’un pronom personnel.

=: dans tous les cas où il ne s’agit pas d’une personne.

 

L’impératif :

Si la phrase est à l’impératif, c’est encore plus facile, puisqu’il n’y a pas de temps.

= A

Exemple :

Viens ! A haere mai !
haere

[HaéRé]

aller
mai

[maï]

Tout ce qui est dans ma direction, vers moi
haere mai venir

Le [H] est aspiré ; le [R] est roulé.

Reo Tahiti

Depuis septembre, j’ai commencé des cours de Reo Tahiti, nom donné pour dire tahitien. Quand on voit cette langue (reo) écrite, la petite française que je suis en a des sueurs froides.

Je rigole, vous l’aurez compris. Quoique ?

Une simple histoire, d’une quinzaine de phrases en français, peut vide doubler en tahitien.

Le parlé subit les mêmes raccourcis que chez nous. A tel point qu’il faut s’accrocher pour arriver à faire le lien entre les sons entendus et les mots réels.

Par contre, niveau conjugaison, c’est royal. Tu as le passé, le présent et le futur. Chaque temps a un petit mot qui l’indique mis devant le verbe. Et c’est tout. Ce sont les compléments de temps et/ou la situation qui donnent nos fameux passés simples en décomposition, notre imparfait plus que parfait, notre antérieur faute de postérieur ou de simplets.

Les mots se transforment avec allégresse, tout comme le verbe « aller » qui devient « venir », « s’éloigner » suivant qui lui est ajouté le terme qui éloigne ou qui rapproche. Les mots sont tantôt verbes, noms, adjectifs suivant leur place dans la phrase ou les associations de mots qui sont faits.

Ce qui me frappe le plus dans le tahitien (la langue, pas le bonhomme) est la profusion de voyelles. Elles se prononcent toutes. Il n’est pas rare d’en voir une volée d’un coup.

En français, nous associons les lettres pour obtenir un son. Pas en tahitien.

Par exemple, « ou »ne donne pas le son [ou], mais [oou].

Oui ! Le « u » se dit [ou]. Le « e » se prononce [é].

Amusez-vous à lire « fa’aea » (vivre), ou encore « fa’aitoito » (bon courage).

Et c’est peu de le dire.

Heureusement « ai », « ei » et « oi », « ui » bénéficient d’un traitement de faveur.

  • ai = aï comme dans aïe
  • ei = éï comme dans abeille
  • oi = oï comme dans boy (désolée, je n’ai pas trouvé mieux en français)
  • ui = ouï comme dans touiller

OUF !!!

Il y a d’autres subtilités, comme les voyelles longues qui sont indiquées par un trait au-dessus d’elles (ā, ē, ī, ō, ū).

N’oublions pas qu’à tout cela, une langue ne serait rien, mais rien du tout, sans son patois local, ses accents régionaux, ses innombrables raccourcis.

Car je vous le donne en mille, ici aussi, il y a le parlé et le parlé de chez soi.