Magister Voluptatis de Sabre Maizieres (+de 18 ans)

Une jeune femme, Marie Neuville, 27ans, secrétaire en import-export, perd son travail. Elle refuse le chantage sexuel de son chef. Son compagnon la quitte. Elle doit laisser son appartement. Elle postule alors pour un emploi de bonne. Nourrie, logée.

Elle entre ainsi au service de Domitien Zammfir, un « seigneur » de l’immobilier. Dans un monde où sept riches magnats, frères au sein d’une confrérie, les « Magister Voluptatis », les Maîtres de la Volupté, sont des Dieux.

J’ai eu l’occasion de rencontrer l’auteur Sabre Maizieres au cours du salon du livre de La Rochelle. Nous avons papoté, car j’aime beaucoup papoter, et c’est tout naturellement qu’il m’a proposé ce livre en échange d’un des miens.

Sabre Maizieres (SM) qui a écrit une histoire en deux tomes sur une relation sadomasochiste (SM) me propose une immersion dans son monde. Je me suis dit pourquoi pas.

Pour commencer, la couverture n’est pas là juste pour faire joli.

La croix de Saint André nous met tout de suite dans le vif du sujet. Quoiqu’elle est plus la récompense, que l’héroïne de ce roman.

En parlant avec l’auteur, je savais déjà qu’il ne fallait pas m’attendre à du niant-niant. On serait plutôt dans le genre à appeler un chat, un chat. Surtout pendant les scènes érotiques. Autant dire que si tu aimes le petit rapport à l’eau de rose, oublie.

Je me suis glissée dans la lecture de ce roman avec plaisir. L’écriture fluide apporte un petit plus au confort d’un fauteuil douillé. Seul un passage du livre a été difficile à comprendre, car la réalité se superpose à plusieurs fantasmes de Marie.

En suivant le périple de Marie, je me suis imaginée comment j’aurais réagi à sa place. Jusqu’au moment où elle rencontre son patron. Et là, je n’ai plus vraiment eu envie d’être à sa place. On entre dans une dynamique psycho-érotique entre le Maître Domitien et Marie la Dominée, sans qu’il y ait de réels attouchements. Enfin, au moins au début.

Le patron est poli, mais quand il fait remarquer que le soutien gorge, visible par transparence, doit être retiré, et qu’en plus, elle a juste le droit de se retourner pour l’enlever, tu te reçois vraiment de plein fouet l’ambiance à venir.

Les commentaires que fait Domitien sur le physique de Marie m’ont donné envie de le dénoncer aux prud’hommes, et ce, uniquement parce que les prud’femmes, ça n’existent pas.

Ce que j’en ai pensé :

Au cours du récit, on apprend que Marie est en situation précaire, mais qu’elle pourrait envisager une autre solution que de dormir sous les ponts. Cette notion de non-choix que l’héroïne laisse planer dans ses choix, de rester ou de partir m’a laissé dubitative.

Je passe du coq à l’âne pour parler des descriptions des scènes chaud-bouillantes qui sont suffisamment complètes pour bien suive le déroulement de l’action. Enfin, si je peux me permettre de l’exprimer ainsi.

Par contre, je ne suis pas une grande experte en porte de derrière, mais selon moi, ça demande une petite préparation pour ne pas avoir affaire à un truc pas trop ragoûtant. Ben là, non. On passe devant, derrière, voire en haut, en bas. Et le tout, sans capote. Ou si peu, que je les ai zappées. Je n’ai pas non plus fait un schéma pour vérifier si c’est moi qui avait mal compris la situation. C’est juste que, à certain moment, ça ne l’a pas fait.

Je me trompe sûrement. Les femmes qui liront cet article me le diront si elles ne sont pas d’accord avec moi.

Personnellement, il ne me viendrait pas à l’idée de dire, voire même de penser « viole-moi ».

Prends-moi fort, fais-moi mal, défonces-moi. Oui, pourquoi pas. Mais cette notion de viol exprimée ou juste pensée, j’ai eu beaucoup de difficultés à l’encaisser. Surtout quand deux minutes après la femme en question hurle « non », qu’elle a peur de la situation, et qu’elle exprime clairement qu’elle ne veut pas.

À plusieurs moment dans l’histoire, et concernant différentes femmes, certains actes s’apparentent plus à du viol qu’à de la relation pleinement consentie, pour finir dans un épanouissement orgasmique de ces femmes qui n’ont pas eu le choix, voire pour certaines, qui ont fini par dire oui, après avoir été manipulée par la super copine.

L’auteur marche sur un fil psychologique fragile, qui fait passer la femme pour…

Je n’ai pas de mots, en fait, pour expliquer ce que je ressens.

Je n’ai pas trouvé les interactions entre Domitien et Marie très intéressantes. On apprend plein de choses sur la confrérie ; son fonctionnement ; quelques-unes sur Marie, comme sur Domitien.

Je n’ai pas trouvé cela très passionnant. J’ai eu l’impression qu’il ne se passait rien entre les deux protagonistes. Marie est une bonne qui, fait le ménage. Le matin, elle sert le petit-déjeuner à son patron qui aime les soubrettes soumises, mais intelligentes. Si la demoiselle se masturbe dans la chambre de Monsieur quand elle y fait le ménage, c’est encore mieux. Et … voilà.

Certes, ils finissent par avoir une relation qui dépasse le cadre « normal » des fonctions de la jeune femme. Jeune femme qui commet des fautes professionnels, tendant le bâton pour se faire battre.

C’est une image, elle n’a pas pris un bâton pour recevoir des coups. Quoique … c’est un peu le but de l’histoire.

Ce qui m’a plu

La recherche de la chambre secrète. Il y a toujours une chambre secrète quand il est question de SM. Ne serait-ce que pour cacher la croix de Saint André.

Georges. Et je dirais même plus : GEORGES

Ce personnage est le plus savoureux de ce roman. Celui qui a le plus de volume, de personnalité, de tout. J’ai aimé le détester. Et plus on avance dans l’histoire, plus il nous est antipathique à souhait.

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