17-Okami

La Divarvel approcha si près du dragon qu’elle le touchait presque. Torus ouvrit l’œil, l’onde qui passa entre la bête et la femme fit dresser les poils des quatre autres personnes. Dragonniers et soigneurs vouaient leur vie aux dragons. Une étroite collaboration, une sorte de fraternité naissaient entre les femmes, les hommes, les dragonnes et les dragons. Chacun était là où il avait choisi d’être. Entre dragons et Divarvel, c’était différent. Le lien qui se créait après la renaissance devenait mystique.
Torus referma l’œil et s’enroula sur lui-même. La colère se lisait sur le visage de Darianne qui se détourna du dragon. Sans un regard, la Divarvel passa devant la guérisseuse qui n’en eut aucun pour la doyenne. Celle-ci s’arrêta, laissant la vieille femme lui ouvrir le chemin.
— Allez-vous coucher ! murmura la Divarvel. Ce dragon va dormir plusieurs jours. A son réveil, il aura besoin d’un vrai repas et de beaucoup d’exercices. Profitez de ce temps pour vous reposer. Surtout toi, dragonnier Melchior. Tu as un visage à faire peur les morts.
Les hommes s’inclinèrent avec respect. Enveloppée de sa cape claire d’épaisse étoffe d’un bleu turquoise typique des Divarvel, la femme d’une grande beauté malgré les marques du temps se laissa guider par La Folle. Vêtue d’une culotte longue, d’une tunique grossièrement taillée et d’un manteau d’un vert sombre, la très vieille guérisseuse traversa la fosse d’un pas lent jusqu’à la rampe qui menait au promontoire. Une fois en haut, un homme portant une cape de Divarvel emboîta le pas aux femmes.
Les hommes de la fosse observèrent le dragon. Les yeux dans le vide, Melchior sentit s’envoler la tension qu’il avait accumulée. Avel et Osman lui donnèrent une tape sur l’épaule et le laissèrent seul avec Torus. Une paillasse avait été prévue pour lui. Les deux soigneurs remontèrent de la fosse. En haut, ils ébauchèrent un geste tendre, quand Avel perçut un mouvement au pied de l’arbre à l’entrée du dortoir des dragonniers. Une toute petite femme émergea de l’ombre et s’avança timidement vers le couple. Les deux hommes eurent un sourire bienveillant pour Ama, la compagne de Melchior. Osman montra la direction de la fosse. D’un geste ample des bras, Avel l’invita à y descendre. Ama fit un pas vers la rampe et rebroussa chemin, au grand étonnement des deux hommes. Elle retourna dans l’ombre de l’arbre et revint avec une besace qui semblait bien pleine. Quand elle arriva à leur hauteur, Avel caressa la joue de cette toute petite femme qui leur fit un petit salut avant de partir. Avel, le trapu à la barbe épaisse et Osman, le grand fin à la tête rasée la suivirent du regard jusqu’à ce qu’elle disparaisse dans la tanière de Torus.

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