16-Okami

La chaleur de la journée avait fait place à la fraîcheur du soir. La nuit tombait doucement dans un silence de mort. La nature elle-même s’était tue. Dans la tanière, le calme était revenu. Le dragon avait changé de couleur. Le vert des écailles du corps s’était assombri. La gueule et le dessous du dragon étaient devenus aussi noirs que du charbon. Les deux cornes frontales donnaient l’impression dans blanc éclatant à la lumière des quelques torches murales. Melchior, Osman et Avel attendaient avec impatience le retour de la guérisseuse. Quand celle-ci entra, ils se levèrent d’un seul homme. Torus sentit le changement d’attitude chez les humains. La Folle se mit face au dragon, ouvrit le sac et saisit son contenu avec la main qui portait le gant. L’odeur qui se dégagea saisit les hommes à la gorge. Le dragon y réagit également en se levant. La vieille femme laissa tomber les cheveux de Banita avant de reculer à bonne distance. Les dragons provoquaient toujours une forte angoisse chez elle. A ses yeux, ils étaient des êtres majestueux qui auraient dû rester sauvages. Torus ne réfléchit pas longtemps. Il avala d’un coup le présent qu’on lui faisait. Il écarta les ailes en poussant un grognement, déambula dans sa tanière, obligeant les humains à en sortir, amusant les hommes, beaucoup moins La Folle. Le dragon se calma et s’installa pour dormir. Devant les yeux attentifs et ébahis de Melchior et des soigneurs. L’aspect du dragon changea. Le vert devint plus vif et le noir s’estompa pour reprendre sa belle couleur émeraude. Osman regarda Avel avec un sourire en coin. Ces deux-là allaient en avoir à raconter pendant des cycles. Le comportement de Torus souffla un vent de gaieté devant la fosse.
— Je suis heureuse de voir que la joie règne malgré l’épreuve.
La Folle et les trois hommes se retournèrent pour voir qui osait briser le silence. Le visage de La Folle s’assombrit, alors que ceux des hommes s’éclairèrent davantage.
— Darianne, dit la guérisseuse pour tout salut.
— Azia, répondit la doyenne des Divarvel.
Darianne observa un moment le dragon. Elle ferma les yeux, afin de mieux entendre sa respiration. Quand elle les rouvrit, Osman et Avel encadraient la femme.
— Vous lui avez donné de l’herbe à dragon ?
— Non ! s’étonna Avel.
— Aucun de vous ?
Osman et Avel se tournèrent vers Melchior.
— Bien sûr que non ! Je ne suis pas un débutant, jamais je ne commettrais une telle erreur.
Melchior était plus inquiet qu’en colère. L’herbe à dragon plongeait littéralement le dragon qui en mangeait dans un état de folie. L’odeur, seule, suffisait à les rendre incontrôlables et dangereux. Ils contemplèrent Torus. La Folle se tenait en arrière, dans le mutisme le plus total.
— Un homme-dragon est-il auprès de la nouvelle Divarvel ?
— Oui, chuchota La Folle.
— Lequel ?
— Le dernier.


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