okami (15)

Julie se dévêtit et abandonna tout ce qu’elle portait dans la bassine où avaient été brûlés les vêtements de Banita. Elle se lava à son tour et plongea dans un autre bain que celui qui venait de servir. Elle s’immergea totalement, resta quelques secondes sous l’eau et ressortit du bain. Elle s’enveloppa dans le peignoir prévu pour elle. Quand elle arriva dans sa chambre, Egon l’y attendait, assis sur le seul fauteuil de la pièce décorée dans les tons verts. Les murs ocre donnaient un aspect chaleureux. Egon savait que Julie ne pouvait rien dire. Le visage serein qu’elle affichait le rassura sur le sort de son ancienne compagne. Ils tombèrent dans les bras l’un de l’autre.
Il était perturbé des changements subits par le corps de l’entre-deux. Banita avait conseillé à Julie la patience et une réappropriation de ce nouveau corps. Egon avait approuvé les explications de Julie. Il trouvait les mots de Banita justes. Il avait eu un sourire coquin, gourmand, avait parlé d’apprivoisement, de charme, de jeux de séduction. Ces taquineries avaient mis à vif les nerfs émoustillés de Julie. Egon de Cobannos, maître de la cité des origines, se sentait comme un jeune homme découvrant les premiers émois de l’amour.
Ils s’embrassèrent passionnément, prirent le temps de se respirer, puis se séparèrent. Elle marcha vers le lit et se coucha ; il marcha vers la porte et sortit.

*

Esteban posa son précieux chargement sur une couche très sommaire. Il alla se poster dans un coin de la pièce et s’immobilisa. Telle une gargouille de pierre, il se mit en veille. La Folle n’entra pas dans cette pièce où seul un Divarvel aurait désormais le droit de venir, et referma la porte juste derrière l’homme-dragon. Elle franchit d’un pas alerte le long couloir qui la séparait de son logis. Elle s’enferma avec des gestes vifs. Munie de gants en peau épaisse, elle ouvrit le sac de toile où étaient enfermés les cheveux de Banita. Ils brillaient comme un diamant bleu et en avaient l’aspect. La Folle agrippa fermement une partie pointue, ce qui fit fumer le gant. Elle n’eut pas besoin de sa deuxième main. Une petite torsion lui suffit pour obtenir un morceau de belle taille. Elle l’enferma dans un petit sac de toile. Aucune fumée ne se dégagea cette fois. La Folle nota cette information dans sa mémoire, afin de pouvoir conserver discrètement son trésor. Elle cacha le sac dans une armoire en bois massif. Elle remballa le reste de chevelure sans prendre le temps d’admirer ses reflets étincelants. Elle était dans les temps. Les Divarvel Aloys et Darianne n’allaient plus tarder à arriver. Elle n’eut pas besoin de se cacher pour aller jusqu’à l’alvéole de Torus. Ses appartements étaient sur le chemin entre la chambre de la nouvelle Divarvel et la fosse. Elle pouvait marcher sereinement.


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