okami (13)

Le moment de la renaissance se produisit plus tôt que prévu. Torus se contorsionna, marcha en rond et se décida à sortir de son nid. Les membres de la dragonnerie se sentaient inutiles devant sa douleur. Convaincue par Esteban et entamant un peu sa fierté, La Folle était bien heureuse d’avoir prévenu les Divarvel à présent. Elle avait même hâte de les voir rappliquer. A peine une journée s’était écoulée. « Trop tôt » revenait dans toutes les bouches. Dans quel état serait la nouvelle Divarvel ?

En quelques soubresauts, ce fut enfin la délivrance. Le dragon se vida ; il poussa un long et guttural gémissement de douleur qui perturba ses congénères. On entendit des grognements dans toutes les alvéoles. Les sept autres dragons que comptait Cobannos ressentaient la souffrance de Torus comme la leur. Celui-ci régurgita encore un peu de fluide fumant, recula jusqu’au fond de sa tanière. Il s’écroula en poussant une plainte, avant de sombrer dans un profond sommeil. Les bêtes purent s’apaiser, tandis que les soigneurs et Melchior suivirent Torus, sans un regard pour ce qui venait de naître.

Une sorte de gélatine verte, visqueuse et opaque entourait la forme sortie du dragon. Les femmes et les hommes commençaient à s’en approcher, quand la voix claire de La Folle s’éleva.
— Non ! Vous ne devez pas être en contact avec le fluide.

Ce filet de voix à peine murmuré paru si sonore que toutes et tous se retournèrent d’un seul mouvement. La Folle et l’homme-dragon se tenaient en retrait du groupe. Sentant les changements qui s’effectuaient chez Torus, Esteban s’était discrètement métamorphosé, afin d’accomplir sa tâche de protecteur. Sa peau de fines écailles ne craignait ni l’acide, ni le feu. Il alla calmement vers le « vomi de dragon » et attendit patiemment tandis que le monticule visqueux bougeait. Une forme s’y mouvait, cherchant à s’en dégager. Egon fit un pas dans sa direction, mais Esteban l’en empêcha, au grand soulagement de Julie qui suivait la scène sur les hauteurs. Une fine main aux longs doigts apparut de la gélatine. La femme rampa jusqu’à ce qu’elle soit totalement sortie des sécrétions. Une pellicule claire la recouvrait et la protégeait de l’agression du fluide. L’homme-dragon transporta la femme hors de la fosse. Dès que le signal fut donné, les dragonniers se mirent au travail et brûlèrent les sécrétions dans un calme impressionnant.


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