okami (12)

Les paroles de la femme furent si autoritaires et si sèchement prononcées qu’elles les surprirent toutes et tous.
— Tu as donné des ordres ?
De quels ordres voulait-elle parler ?
— Quand le dragon aura fini son travail, il faudra isoler la nouvelle Divarvel.
— Et alors ? nargua Egon qui commençait à être amusé par le comportement de sa nouvelle compagne.
— Et alors !? s’emporta cette dernière moins amusée. Ravie que tu trouves cela drôle maître de Cobannos. Rok ! Envoi des messagers partout dans la cité. Le silence doit être total jusqu’à nouvel ordre. Les habitants ont jusqu’au zénith du soleil pour faire leurs affaires et s’enfermer chez eux. Pareil pour les forges et les gens de l’arène. Pas un son, pas un bruit jusqu’au départ de la treizième. Allez !
Les femmes et les hommes n’attendirent pas l’accord du maître qui en resta pantois. Maintenant qu’elle en était la Dame, Julie faisait autorité sur Cobannos.
Esteban apparut sur la plate-forme surplombant la fosse. Il entendait la conversation hésitante de Julie et Egon, grâce à son ouïe d’homme-dragon. La petite Juju avait fini par réunir son corps à son âme. Apprendre que Banita y était pour beaucoup ne le surprit pas. Tôt ce matin, Egon et lui avaient eu une longue discussion à cœur ouvert. Egon reconnut ses erreurs et en reçut le pardon de son jumeau pour lui avoir pris sa Charlie. Le temps qui leur était accordé à vivre serait encore long. Pour eux, quelques cycles n’étaient rien. L’impardonnable n’avait pas été commis. Les non-dits s’étaient envolés avec la peine.

*

Celles et ceux qui vivaient auprès des dragons connaissaient les risques. La cité bâtie en partie à même la montagne se mura dans un silence si pesant, que même les oiseaux n’osaient plus chanter. Gobos laissa le feu des forges s’éteindre et congédia Féréol pendant trois jours. Son apprenti était tellement maladroit que Gobos ne voulu pas prendre de risque et l’envoya loger chez un couple d’amis, à l’autre bout de la dragonnerie. De son atelier, il voyait l’antre de Torus, ainsi que les deux amants s’embrassant à la vue de tous. Nul ne prêta attention à eux. Après tout, Banita l’avait décidé ainsi.

*

Dans les entrailles de Torus, une légende s’apprêtait à mourir, une autre à naître. La treizième avait marqué son temps, amassé des fortunes dans un monde où l’argent n’avait aucune valeur, engrangé des connaissances, acquit une force et un pouvoir de décision jamais égalé. Son héritage attendrait avec patience qu’elle revienne. La seule inconnue était de savoir comment elle utiliserait tout cela. Banita n’avait rien laissé au hasard. La puissante magicienne s’était laissé une chance d’en découdre avec la vie.

*

A Cobannos, seuls les dragons n’étaient pas sereins. Ils percevaient le mal-être de l’un des leurs et avaient peur.


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