Entre la montagne et l’océan

Voici le texte que j’ai proposé au concours d’écriture de fin d’année du site aufeminin.com. Il s’est clôturé depuis peu, si j’avais gagné, cela se saurait.

Je vous transmets donc mon petit bout de monde sur le thème « l’heure bleue ».

Bonne lecture ! 


 

La pluie avait cessé. Le soleil s’était décidé, enfin, à montrer le bout de son nez sur Tahiti. Dans la Panda, les quatre adolescents donnaient libre cours à leur joie. Teiva amusait la galerie avec sa coiffure, qu’un passage au Trou du souffleur avait rendue des plus comiques. Les filles riaient à gorge déployée de ses facéties.

La presqu’île montrait le bout de son nez. Charlie avait hâte d’être enfin à Faratea. Elle n’avait pas eu le courage de refuser d’emmener son fils et sa bande passer quelques jours chez Maru, qui devait se sentir bien seul depuis le début des vacances de décembre.

Le ciel d’un bleu presque blanc contrastait avec le sombre océan qui s’offrait devant leurs yeux.

Une décharge apparut au niveau de la nuque de Charlie qui vibra. En quelques secondes, elle se propagea dans sa colonne vertébrale, coulant dans chacun de ses membres. Son cerveau se sentit comme irradié de claire voyance.

Charlie appuya sur l’accélérateur et donna un brusque coup de volant à gauche. Les adolescents surpris n’eurent pas le temps d’avoir peur, qu’un rocher immense s’écrasa à l’endroit même, où la voiture aurait dû se trouver. La mère redressa le véhicule et fonça à plein régime. Le moteur grognait son désarroi d’être ainsi malmené. Les quelques minutes qui suivirent ne la feraient pas ralentir. Les adolescents qui ne songeaient plus à s’amuser l’encourageaient à rouler encore plus vite. Chaque mètre parcouru devenait un mètre gagné sur la montagne qui s’effondrait après leur passage.

Toujours guidée par une force venant de nulle part, Charlie s’engagea sur un espace de stationnement du bord de mer. Tel un cascadeur chevronné, elle fit exécuter un trois quarts de tour à la voiture pour se retrouver dos à la mer. Les jeunes n‘attendirent pas de recevoir l’ordre de sortir de la Panda. Ils s’en éjectèrent et coururent se jeter dans l’océan, tandis qu’une violente coulée de boue emmenait le véhicule encore tout portes ouvertes.

Tout devint bleu pour Charlie. Si bleu. Cette couleur douce l’envahit en son entier, l’entourant d’une chaleur bienveillante. Quand elle ouvrit les yeux sur la réalité, elle se sentait balancée au gré des vagues. Elle prit conscience d’être sur un bateau sans vraiment comprendre comment elle y était arrivée. Les quatre adolescents la regardaient les yeux pleins de larmes, mais le sourire aux lèvres.

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