Okami (9)

Osman avait su déchiffrer l’inquiétude de son amie.
— Que s’est-il passé ?
— Torus l’a avalée.
— Quoi !?
Elle n’en croyait pas ses oreilles. Cette fois, le visage aux traits anguleux d’Osman exprimait de la satisfaction. Tous connaissaient l’amour qui régnait entre Julius et Egon. Celui que beaucoup nommaient le maître des forges n’aurait plus de compte à rendre. La perle avait choisi celle qui convenait le mieux à son maître. Seule une puissante magicienne avait pu ainsi déjouer le sort.
— Alors ?
Julie était tellement perturbée qu’elle ne comprenait pas la question de son ami.
— Chère petite, quand tu t’es évanouie, j’ai eu la lourde tâche de te porter. Certaines parties de ton corps ne m’ont pas échappées.
Elle lui tira la langue. Osman et son compagnon Avel étaient plus que des amis. Avec La Folle et Banita, ils étaient les seuls à savoir la raison de son séjour à Cautos. Le visage de la femme fut tellement resplendissant qu’il ne laissa aucun doute. La treizième avait réussi.
Osman raconta qu’on avait vu Esteban entrer chez La Folle dans un état déplorable de saleté et de maigreur. La tristesse remplit Julie à cette idée. Le silence s’installa entre les deux amis. Julie s’emmitoufla un peu plus et ferma les yeux.
— Dis Osman, qu’a dit Egon pour Banita ?
— Comme nous tous. Il s’est demandé pourquoi, puis s’est fait une raison. Ne pense à rien ma petite Juju. Ce qui arrive n’est pas un mal.
— Pour moi ! Mais pour Banita, que va-t-il arriver ?
Osman s’en moquait bien de la treizième. Il avait toujours ressenti une impression étrange en la voyant au côté de Julius. Il baissa les yeux sur son amie qui venait de s’assoupir.
Quand les soigneurs dragon apprirent la direction prise par la perle de vie, ils allèrent voir le maître dragonnier. Ils lui mentionnèrent le retour de Julius. Celui-ci sella son dragon sans attendre et partit avec Osman.
Dans ce monde, chacun a sa chance de devenir maître dans son corps de métier. Tous les dix cycles de quatre saisons, les maîtres doivent céder leur place à de nouvelles personnes.
Son temps écoulé, Melchior n’avait pas hésité un instant dans son choix et laissa cet homme d’à peine vingt-huit cycles, devenir le plus jeune maître dragonnier vu à Cobannos. Rok guidait les bêtes et les hommes avec une foi et un savoir-faire rarement égalé. Il était également un bon navigateur. Osman se laissa bercer par le vol léger du dragon. Lui et son dragonnier les ramèneraient vite à Cobannos.


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