Reo Tahiti

Depuis septembre, j’ai commencé des cours de Reo Tahiti, nom donné pour dire tahitien. Quand on voit cette langue (reo) écrite, la petite française que je suis en a des sueurs froides.

Je rigole, vous l’aurez compris. Quoique ?

Une simple histoire, d’une quinzaine de phrases en français, peut vide doubler en tahitien.

Le parlé subit les mêmes raccourcis que chez nous. A tel point qu’il faut s’accrocher pour arriver à faire le lien entre les sons entendus et les mots réels.

Par contre, niveau conjugaison, c’est royal. Tu as le passé, le présent et le futur. Chaque temps a un petit mot qui l’indique mis devant le verbe. Et c’est tout. Ce sont les compléments de temps et/ou la situation qui donnent nos fameux passés simples en décomposition, notre imparfait plus que parfait, notre antérieur faute de postérieur ou de simplets.

Les mots se transforment avec allégresse, tout comme le verbe « aller » qui devient « venir », « s’éloigner » suivant qui lui est ajouté le terme qui éloigne ou qui rapproche. Les mots sont tantôt verbes, noms, adjectifs suivant leur place dans la phrase ou les associations de mots qui sont faits.

Ce qui me frappe le plus dans le tahitien (la langue, pas le bonhomme) est la profusion de voyelles. Elles se prononcent toutes. Il n’est pas rare d’en voir une volée d’un coup.

En français, nous associons les lettres pour obtenir un son. Pas en tahitien.

Par exemple, « ou »ne donne pas le son [ou], mais [oou].

Oui ! Le « u » se dit [ou]. Le « e » se prononce [é].

Amusez-vous à lire « fa’aea » (vivre), ou encore « fa’aitoito » (bon courage).

Et c’est peu de le dire.

Heureusement « ai », « ei » et « oi », « ui » bénéficient d’un traitement de faveur.

  • ai = aï comme dans aïe
  • ei = éï comme dans abeille
  • oi = oï comme dans boy (désolée, je n’ai pas trouvé mieux en français)
  • ui = ouï comme dans touiller

OUF !!!

Il y a d’autres subtilités, comme les voyelles longues qui sont indiquées par un trait au-dessus d’elles (ā, ē, ī, ō, ū).

N’oublions pas qu’à tout cela, une langue ne serait rien, mais rien du tout, sans son patois local, ses accents régionaux, ses innombrables raccourcis.

Car je vous le donne en mille, ici aussi, il y a le parlé et le parlé de chez soi.

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