Okami (7)

    Cela faisait un cycle qu’elle avait quitté Cobannos pour Cautos, jusqu’à sa modification définitive. Les guérisseurs avaient pris part au projet avec enthousiasme. D’autres entre-deux espéraient pouvoir profiter de cette méthode. Un entre-deux avait réussi à devenir homme. Malgré les difficultés, malgré la douleur des traitements et après un cycle de souffrance physique et psychique, Julius pourrait se montrer telle qu’elle l’avait toujours souhaitée.

    Aux yeux de tous, elle serait à jamais Julie. Sa stérilité, seul point insoluble du changement de sexe, ne poserait pas de problème. Dans ce monde où les naissances étaient des événements aussi rares que précieux, les enfants étaient élevés par tous. Julie avait donc eu tout à loisir d’aimer et d’éduquer plus d’un enfant d’Egon. Maintenant, elle voulait être femme. La carrure marquée de ses épaules et sa grande taille n’y changeraient rien. Ce qui avait été fait ne pourrait être défait.

    A jamais, elle serait ELLE.

    La treizième connaissait la nature de ses sentiments pour Egon. Elle souffrait de ne pouvoir vivre dans son monde de sapiens et sera heureuse de retrouver sa liberté.

    Julie douta. Elle boucla ses bagages et sortit de sa chambre. Elle devait rentrer à tout prix ; il fallait qu’elle sache. Chaque marche qu’elle descendait lui pesait. L’impression qu’il était arrivé quelque chose l’envahit sans savoir pourquoi. L’aube peinait à éclairer la grande salle de l’auberge meublée de bancs et de quatre grandes tables en bois massif. Julie posa les yeux sur les personnes attablées. Ils se levèrent à son arrivée et s’avancèrent vers l’escalier sur lequel elle se trouvait. Une lumière vive apparut devant ses yeux. La femme s’agrippa à la rambarde en fer forgé pour ne pas tomber à la renverse. Un frisson s’empara d’elle. Elle se laissa envelopper par la lumière. La perle ressortit au centre de son front, arrêtant sa course à moitié sortie, comme pour lui faire un troisième œil. La femme trembla de tous ses membres. Les larmes se mirent à couler sans qu’elle ne puisse les retenir. Tandis que l’obscurité l’entourait, des bras se tendirent vers elle et la portèrent avant qu’elle ne s’effondre.


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